On célèbre l’année du « nez »

Chère lectrice, cher lecteur,

L’odorat est le sens de l’année 2020.

Tout le monde semble le redécouvrir depuis que la covid-19 peut nous le faire (momentanément ou durablement) perdre.

Et avec lui, notre nez devient le lieu de bien des combats : que ce soit les tests qui viennent chatouiller les nasaux, ou certains traitements potentiels préposés à une utilisation en spray nasal.

En effet, une équipe du CNRS a mis au point un spray qui pourrait « leurrer le virus », tandis que d’autres chercheurs proposaient un spray dont l’action est similaire mais composé à base de kombu royal, une algue brune.

D’autres, encore, imaginent un spray de probiotiques pour réensemencer la flore nasale et prévenir les infections.

Un vrai champ d’investigation que cet organe pour le moins négligé jusqu’alors !

Dernièrement, la pandémie mondiale a révélé un autre nez, dont les vertus et pouvoirs semblent sans limite !

Je veux parler ici de la truffe du CHIEN !

Cet organe est relié au système olfactif du chien.

Comme la gustation, c’est un sens chimique qui capte l’information sensorielle transmise par des molécules en suspension.

Bien que l’olfaction soit une fonction très primitive, le mécanisme du codage des odeurs commence à livrer ses mystères.

La détection (et la discrimination) des odeurs est une fonction essentielle pour la survie (identification de source de nourriture, de la présence des prédateurs) et la reproduction (identification d’un partenaire sexuel et de sa disponibilité reproductive).

On saisit ainsi le rôle de ce système, très complexe, spécialisé dans la détection et l’identification des molécules odorantes en suspension dans l’air, qui a été préservé au cours de la phylogenèse (l’évolu­tion dans le temps), notamment chez l’homme et les mammifères.

Un museau optimisé

Lorsque nous inspirons l’air, ce que nous sentons et que nous respirons fait partie d’un seul et même flux.

Le chien dispose d’une membrane à l’intérieur du museau qui permet de séparer le flux d’air, qui se divise:

  • l’un vers les poumons et permet la respiration,
  • l’autre s’oriente directe­ment sur l’épithélium, recouvert de récepteurs, permettant alors de capter un maximum d’odeurs.

Et cela grâce aux muscles de sa truffe qui se contractent et orientent le flux d’air vers le haut dans la zone sensorielle olfactive.

Ensuite, lors de l’expiration, le flux d’air s’évacue vers les côtés des narines, créant ainsi des tourbillons d’air qui renforcent l’attraction de nouvelles odeurs dans les narines.

Cette dynamique particulière de l’air inspiré et expiré renforce le traitement des odeurs.

Ces canidés peuvent renifler jusqu’à 1 millionième de gramme de TNT.

Leur forte sensibilité aux odeurs (de 1.000 à 100.000 fois plus élevée que celle des hommes) est due à la présence de ses millions de neurorécepteurs olfactifs qui tapissent leurs narines.

L’odorat du chat est bien plus fin que le nôtre mais n’égale pas celui du chien.

La muqueuse nasale du chat possède 67 millions de neurorécepteurs olfactifs contre 5 millions seulement chez l’humain, et 50 à 200 millions chez le chien.


Un tiers de son cerveau est consacré à l’interprétation des odeurs et leur mémorisation contre 5 % chez l’humain.

Le chien dispose également d’un autre organe olfactif, l’organe voméro-nasal, ou organe de Jacobson, présent chez tous les mammifères mais qui s’est amoindri chez l’humain.

Logé derrière les incisives, au-dessus du voile du palais, cet organe sert à capter les phéromones et a donc une utilité lors du choix d’un parte­naire sexuel, par exemple.

Selon le Pr Horowitz, le système olfactif permettrait également aux chiens de ressentir nos émotions (tris­tesse, joie, stress, colère…) et même de détecter des maladies ou une grossesse.

La région du cerveau destinée à l’olfaction est plus développée que chez l’homme : il peut ainsi mémoriser des millions d’odeurs différentes et en tirer tout autant d’informations.

Comment fonctionne l’odorat du chien ?

Ce sens si particulier influence le comportement de l’animal au quotidien et joue un rôle important dans la recherche de la nourri­ture, lorsqu’il y a une menace ou lorsqu’il cherche à se reproduire.

Le chien dispose de deux moyens de perception des odeurs :

  • la voie nasale est prioritaire, avec la pénétration des molécules odorantes présentes dans l’air que le chien respire et qui traverse ses cavités nasales. Seulement 7 % de l’air inspiré atteint l’appa­reil olfactif ;
  • la voie rétro-nasale. Lorsque le chien perçoit une odeur, il la renifle en effectuant plusieurs inspi­rations et expirations rapprochées, ce qui lui permet d’opérer un contact plus important entre les molécules odorantes et la muqueuse olfactive.

Ces molécules perçues sont intégrées par les cellules de l’épithélium olfactif.

Elles parviennent ensuite aux neurones qui interprètent l’odeur et transmettent le message au cerveau du chien.

L’animal est, ainsi, en capacité d’interpréter ce qui l’entoure ou encore de suivre une piste, qu’elle soit récente, éloignée géographiquement ou vieille de plusieurs jours, c’est mieux qu’un GPS.

Cet odorat surdé­veloppé est un sens dont l’homme a su également tirer profit de différentes façons.

Il permet au chien :

  • de s’immerger dans son environnement, d’identifier la présence d’autres chiens, d’autres animaux ou des humains ;
  • de s’adonner à la reproduction, dès lors que le chien mâle perçoit l’odeur sécrétée par une femelle en chaleur ;
  • d’influencer son comportement lorsqu’il cherche sa nourriture ;
  • de marquer son territoire, et c’est aussi un moyen de communi­cation important ;

Mais ce n’est pas tout.

Le chien est aussi « premier secours », « médecin » et « anxiolytique » pour les hommes ! 

Son odorat puissant nous est précieux :

  • Pour sauver de personnes en cas de tremblement de terre, d’ava­lanche ou d’ensevelissement ; rechercher une personne disparue ;
  • Pour rechercher des explosifs ou des drogues ;
  • Pour détecter des maladies.


Des chiens renifleurs de virus, moins chers que les tests PCR ?

Le corps médical devrait se pencher sur les prouesses de diagnostic du chien.

Chaque jour, on découvre ses capacités exceptionnelles pour identifier des maladies telles que le cancer, mais aussi prévenir une crise imminente d’épilepsie ou d’hypoglycémie.

Certains chiens ont en effet la faculté de les identifier environ quinze minutes avant qu’elles ne se manifestent, ce qui permet à leur maître de prendre des dispositions et de prévenir toute aggravation.

Dans le cas des cancers (ovaires, poumons et mélanomes notam­ment), les chiens peuvent effectuer un diagnostic plus efficace et plus précoce que la médecine.

Dans les EHPAD, la présence de chats ou de chiens apaise les malades de type Alzheimer qui sont agités.

Ces personnes, qui ne saisissent plus le sens des mots, sont sollicitées dans leur sensibilité corpo­relle archaïque.

Le contact immédiat, authentique et chaleureux de l’animal les rassure profondément.

Leur rythme cardiaque se régule et ils retrouvent de manière éphémère une qualité de contact réelle, voire des bribes de mémoire que l’on croyait définitivement ensevelies par la maladie neurodégénérative.

Le chien que l’on caresse favorise des processus de liaisons psychiques qui étaient totalement brouillés.

Pour les moins dépendants, l’animal permet de renouer un lien social qui rompt avec la solitude effrayante de l’enfermement du grand âge.

Sa chaleur vivifiante met à distance l’angoisse de mort.

Des chercheurs finlandais ont déclaré que des chiens peuvent identifier le virus du coronavirus en quelques secondes avec près de 100% de fiabilité.

Quatre chiens détecteurs ont commencé à travailler à l’aé­roport d’Helsinki, dans le cadre d’un projet pilote.

Les chercheurs ont découvert cette méthode alternative peu coûteuse, rapide et efficace.

Un chien est capable de détec­ter la présence du coronavirus en 10 secondes et le processus entier dure moins d’une mi­nute selon Anna Hielm-Bjôrkman de l’Université d’Helsinki, qui supervise ce projet.

C’est très prometteur, a-t-elle déclaré.

Si cela fonctionne, cela permettrait d’obtenir une bonne méthode de dépistage dans d’autres lieuxcomme les hôpi­taux, les maisons de retraite mais aussi lors d’événements sportifs et culturels.

Après avoir récupéré leurs ba­gages, il est demandé aux pas­sagers de nettoyer leur peau avec une lingette.

Dans un autre espace, le gobelet conte­nant cette lingette est alors placé à côté d’autres gobelets contenant les odeurs de diffé­rents contrôles – et les chiens commencent à les renifler.

Quand les chiens indiquent qu’ils ont détecté le virus – habi­tuellement en aboyant, grat­tant ou en s’allongeant – on conseille au passager d’effec­tuer un test standard d’amplification en chaîne par polymérase (PCR) en utilisant un écouvillon nasal, qui authentifie le verdict des chiens.

Une méthode dont l’efficacité est démontrée

Lors d’essais préliminaires à l’université, les chiens – qui ont été utilisés avec succès pour détecter le cancer ou le diabète – ont été capables d’identifier le virus avec une fiabilité de quasiment 100 %, parfois même plusieurs jours avant qu’un patient ne développe des symptômes.

Les scientifiques ne sont pas encore sûrs des molécules que les chiens reniflent lorsqu’ils détectent le virus.

Une étude française publiée en juin 2020 a conclu qu’il y avait des preuves très élevées que l’odeur de la sueur des personnes testées positives à la Covid soit différente de celles qui n’ont pas le virus, et que les chiens sont capables de détecter cette différence.

Les chiens sont aussi capables d’identifier la Covid-19 à partir d’un échantillon moléculaire beaucoup plus petit que les tests PCR, n’ayant besoin que de 10 à 100 molécules pour détecter la présence du virus.

Les autorités de l’aéroport ont déclaré que ce programme sur quatre mois, coûtait 300 000 €, coût bien inférieur à celui des tests en laboratoire.

Et les chiens ne semblent pas être facilement infectés par le virus.

Bien que la Covid-19 puisse infecter des visons et des chats, les chiens ne semblent pas être facilement infectés par le virus, selon Anna Hielm-Björkman.

Et il n’y a aucune preuve qu’ils puissent transmettre le virus aux êtres humains ou à d’autres animaux.

Il semblerait que la France ait été la première à expérimenter sur les chiens et diagnostiquer la présence de la Covid-19 ; les résultats positifs atteignaient 95%, un score nettement supérieur aux tests classiques.

La France n’aurait pas retenu cette méthode.

Allez savoir pourquoi ?

Peut-être a-t-on trop de fric à dépenser pour Big Pharma !

Des pays de Moyen-Orient ont adopté cette méthode si inattendue (Qatar, Dubaï).

En espérant que tout ceci vous aura un peu émerveillé, tant de potentiel, dans de si mignonnes petites truffes !

Portez-vous bien !

Jean-Pierre Willem

Sources

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